Pour son alimentation, la femme enceinte doit envisager une nouvelle distribution
des protéines, des glucides, des lipides et des sels minéraux.
Les protéines :
Elles sont fournies par la viande, le poisson, les œufs, le fromage, mais
aussi par les céréales et les légumes secs. On doit avoir
le souci d’équilibrer l’apport animal et l’apport végétal
; il suffit de consommer chaque jour de 120 à 150 g de viande ou de poisson,
et de compléter avec les autres aliments du même groupe. Le gibier
et les abats, à l'exclusion du foie, sont à éviter.
Une insuffisance en protéines peut avoir des conséquences graves
sur l'organisme et entraîne une anémie sérieuse, car elles
sont nécessaires à la formation, à l'entretien et à
la protection du corps de la mère et de l'enfant.
Au septième mois, quand s'organise le cerveau du fœtus, une carence
en protéines risque de provoquer un retard du développement des
cellules nerveuses du bébé et d'avoir de graves conséquences
sur son psychisme. Dans les régimes végétariens, l’apport
en protéines est généralement insuffisant.
Les glucides :
Les glucides sont apportés par les légumes secs et les féculents,
les haricots blancs, le riz, les pâtes et les pommes de terre. Trop de
glucides dans l'alimentation entraînent une augmentation de poids. La
consommation moyenne est de 250 à 300 g par jour.
Les lipides :
Ils sont fournis par le beurre, l'huile, la viande grasse et le fromage. Le
beurre cru, malgré sa haute valeur calorique, doit faire partie de l'alimentation
de la femme enceinte. Riche en vitamines A et D, il donne une peau douce et
souple, et contribue, comme les laitages, à la lutte contre les ennuis
dentaires et la décalcification. En revanche, les graisses cuites, les
gâteaux et les crèmes épaisses sont déconseillés.
De 50 à 60 g de lipides par jour suffisent à l'équilibre
alimentaire de la femme enceinte.
Les éléments minéraux :
Ils doivent être consommés en grande quantité ; on les trouve
entre autres dans le fer, fourni par le persil, les épinards, la viande,
le foie, les lentilles, le jaune d'œuf, le pain complet, les huîtres
et les abricots. Ces aliments jouent un rôle capital dans la formation
de l'hémoglobine qui assure le transport de l'oxygène et du gaz
carbonique entre l'appareil respiratoire et les cellules. Les besoins de la
femme enceinte en éléments minéraux sont de l'ordre de
20 à 25 g par jour.
Certains éléments jouent un rôle prépondérant
dans le développement du foetus et il serait imprudent de s'en passer.
C'est le cas du calcium et du phosphore : ils sont indispensables à l'édification
du squelette de l'enfant et préviennent le risque de décalcification
chez la future mère. Alors que l'on trouve du phosphore dans de nombreux
aliments comme le lait, les œufs, le poisson et les céréales,
le calcium, quant à lui, est essentiellement fourni par le lait et ses
dérivés, certains fruits frais, tous les fruits secs et par des
légumes, tels que les haricots, les épinards, les lentilles, le
chou, la salade et le persil. Le calcium étant difficile à fixer,
il est recommandé de l'accompagner de vitamines D.
Une alimentation qui comprend, outre les éléments déjà
cités, au moins 1/2 litre de lait ou 60 g de fromage et des yaourts chaque
jour apporte assez de calcium pour éviter le recours à des comprimés.
En cas d'insuffisance en calcium, qui se manifeste par des accès de tétanie,
ressemblant à une crampe aiguë à la mâchoire ou aux
doigts, seul le médecin a l’habilité à prescrire
des comprimés et à fixer un régime approprié. Les
femmes qui n'aiment pas le lait peuvent l'introduire dans des plats cuisinés
: purée, gratin dauphinois, sauce blanche ou béchamel, entremets
(riz au lait, crème anglaise, flan, crêpes), soupe de légumes,
chou-fleur gratiné, etc. Le sel ou chlorure de sodium doit être
consommé parcimonieusement. Mais, sauf contre-indication médicale
en cas d'albuminurie ou de prise de poids, il n'est pas à supprimer de
l'alimentation générale. Le sel est évacué en partie
par la sueur et les urines; pour maintenir un taux satisfaisant dans le sang,
soit 1 g par litre, il faut absorber environ 8 g de sel par jour.
Les vitamines :
Elles jouent un rôle bien défini dans la formation du futur bébé.
Les carences en vitamines B et D provoquent des troubles graves, les premières
en favorisant la naissance de prématurés, les secondes en donnant
des enfants chétifs.